CAMP DE ST-CYPRIEN-PLAGE
(Pyrénées Orientales)

II hébergeait 90 000 réfugiés en mars 1939 dans des abris de fortune miraculeusement maintenus en dépit des bourrasques. Seuls les blessés et les malades pouvaient trouver place dans des baraques.

Lettre du 6-10-1939 à destination du S.E.R.E. (Servicio de Evacuación a los Refugiados Españoles).

Un délégué du C.I.C.R. fit un rapport sur les visites qu'il effectua du 17 au 25 juin dans les camps de la zone sud. Il releva notamment la pénibilité des conditions d'internement liées, selon lui, à l'afflux massif des internés. Il souligna l'arrivée de 7500 internés au CAMP DE ST-CYPRIEN dont 1000 étaient des "Reichsdeutsche" (Allemands, Autrichiens, Sudètes) venant de Belgique.

On estime à environ 2500 ceux qui furent finalement rapatriés en juillet-août 1940. Quant aux Juifs de Belgique, les plus nombreux à ST-CYPRIEN, leur rapatriement fut interdit par les autorités allemandes.

En octobre 1940, des milliers de Juifs de Bade, Palatinat et Sarre furent expulsés et trouvèrent refuge dans les camps de la zone sud, sauf vraisemblablement à ST-CYPRIEN qui dut être évacué à la suite de très graves inondations qui se produisirent en octobre 1940. 3870 internés de ST-CYPRIEN arrivèrent en effet à GURS entre le 29 et le 31 octobre 1940.

Dès l'été 1940, les internés firent parvenir au C.I.C.R. une vive protestation contre les conditions inhumaines de leur détention :

Eau mal filtrée pour la boisson et les aliments ; W.C. ouverts ; mouches en quantité telle qu'elles sont insupportables ; souris, rats, puces et poux ; paillasses insuffisantes, partiellement infestées de vermine ; baraquements défectueux ; sous-alimentation ; manque de vêtements et de sous-vêtements ; absence quasi-complète de médicaments, de désinfectants et d'articles d'hygiène.

85% des internés furent atteints de dysenterie en août 1940. A la même époque, une épidémie de typhoide entraîna l'hospitalisation de 112 malades à l'Hôpital St-Louis de PERPIGNAN. 17 moururent en moins de trois semaines. Une vaccination antityphique fut pratiquée à partir du 22 août seulement.

Peu de temps après, 150 internés furent atteints de malaria qu'un manque important de médicaments ne permit pas de soigner convenablement.

Un rapport des médecins établit que les eaux utilisées dans le camp étaient polluées par des colibacilles d'origine fécale. La nappe d'eau souterraine était en effet en communication directe avec des nappes liquides stagnantes situées sous les urinoirs et les latrines !

Il devenait extrêmement urgent d'évacuer les internés mais il fallut les graves inondations qui envahirent le camp à partir du 16 octobre pour précipiter le mouvement.

Le camp fut fermé le 30 octobre 1940.

INCONFORT, PROMISCUITE, SALETE, FROID... Telles sont les pénibles conditions de vie imposées aux internés dans des camps français ! La plupart le supportèrent très mal : "Les conditions dans lesquelles on vit ici sont affreuses, c'est la fin de la culture" écrit un interné de ST-CYPRIEN au rabbin CHNEERSON le 24 novembre 1940.

Carte postale adressée en franchise et postée à ELNE (Pyrénées-Orientales) le 13 octobre 1940 à destination de NICE (Alpes-Maritimes). Il s'agit d'une carte de correspondance militaire utilisée par l'interné qui a porté la mention au crayon "Courrier des internés de guerre".

Carte postale postée à ELNE le 23 octobre 1940 à destination de NEW YORK (U.S.A.) et affranchie à 1,50 F. A cette date, le camp était inondé et l'expéditeur précise :
"Au début de la semaine prochaine, nous irons dans un autre camp". C'est l'évacuation vers GURS !

Carte postale postée en franchise à ELNE le 24 octobre 1940 â destination de MONTREUX (Suisse). Elle a donc été envoyée juste avant le transfert à GURS et présente un rare cachet circulaire "CAMP DE ST-CYPRIEN Service du Renseignement" et l'indication manuscrite "Poste des prisonniers de guerre" (sic).

Mise Ó jour
15/07/2006